Jonas Locht

Le propos de ma sculpture est de représenter le monde extérieur mais en le détournant vers un monde intérieur, imaginaire. Et celui-ci, se nourrissant d'une charge symbolique, archétypique, permet une perception universelle de l'objet qui peut certes se diversifier selon des références différentes pour chacun.
De cette façon, la figure va pouvoir naître d'elle-même, par rapport à ses propres exigences internes et non par rapport à une norme préétablie, qu'elle soit esthétique ou formelle.
Dans ce type de représentation, une interface se crée entre l'objectif et le subjectif : c'est dans cet espace que se construit la signification. Un autre espace, l'espace physique contextuel, donne également sens et installe même une dialectique entre la sculpture et son environnement.
Par ailleurs, un lien peut s'établir entre regardant et regardé. Dans ma série de poupées, le spectateur est lui-même dévisagé par des hublots d'aspect oculaire : on peut y voir une mise en miroir, une fenêtre où se jouent des représentations de soi et l'interpellation de l'altérité.
Des figures s'imposent et nous contraignent à nous demander ce qu'elles sont, de quoi elles nous parlent, de quelles dimensions symboliques elles sont porteuses, en quoi leur puissance métaphorique nous concerne intimement. Il ne s'agit en tout cas pas d'éradiquer ce qui est négatif, mauvais, mais de le mettre en scène dans un mouvement de confrontation et de questionnement.
Parfois monstrueusement autres, les figures affichent leur identité
anomique et terrifiante. Mais dans la sculpture, les contraires ont fusionné, une nécessité de convergence et d'ajustement a défié le chaos.
