Vernissage Lauréat.e.s # ARTCONTEST : Helen Anna Flanagan, Shervin/e Sheikh Rezaei & Ugo Woatzi @Exposition collective « Indices de présence » PRIX CARRÉ SUR SEINE 2025
A la faveur du partenariat développé avec le Prix Carré sur Seine autour de la présentation au Centre Wallonie Bruxelles à Paris de l’exposition collective Indices de présence valorisant 10 artistes finalistes du 10 au 23 avril 2026, une greffe est opérée avec ArtContest, visant à la découverte d’œuvres de trois lauréat·es de cet événement : Helen Anna Flanagan, Shervin/e Sheikh Rezaei & Ugo Woatzi.
A la faveur du partenariat développé avec le Prix Carré sur Seine autour de la présentation au Centre Wallonie Bruxelles à Paris de l’exposition collective Indices de présence valorisant 10 artistes finalistes du 10 au 23 avril 2026, une greffe est opérée avec ArtContest, visant à la découverte d’œuvres de trois lauréat·es de cet événement : Helen Anna Flanagan, Shervin/e Sheikh Rezaei & Ugo Woatzi.
Par réciprocité, Carré sur Seine exposera trois plasticien·nes choisi·es parmi la dizaine exposée au printemps, lors de la présentation de l’exposition d’ArtContest au Botanique en septembre 2026.

X-Y , installation vidéo © Laure Cottin Stefanelli & Manuel Wester
Helen Anna Flanagan
X-Y
2021, vidéo HD, son stéréo, voix anglaise
La vidéo X-Y met en scène une famille jouant au snooker. Influencée par le concept de géométrie sociale et le genre musical grime, elle utilise la dynamique et les règles du jeu pour explorer les forces relationnelles et les codes tacites de l’interaction sociale qui façonnent le comportement humain. Tourné dans une salle de snooker à Birmingham, au Royaume-Uni, ce court-métrage met en scène des acteurs et des non-professionnels locaux, dont l’artiste grime Mayday.
Partant d’observations humaines, je mêle événements et expériences réels à des récits fictionnels à travers la vidéo, l’installation, la performance et l’écriture. Par le biais de scénarios imaginaires, souvent teintés d’absurde, j’explore les structures sociales et les enjeux politiques du quotidien, en me concentrant sur l’affect, les émotions, le travail et le corps
Utilisant un langage visuel riche, influencé par la culture populaire et façonné par mes origines modestes, j’examine comment nous trouvons notre place dans la société et comment nous construisons notre compréhension de nous-mêmes et des autres. À travers ce prisme, j’explore les tensions liées aux rapports de pouvoir, aux angoisses, aux désirs et aux fantasmes. Il en résulte une exploration subjective et associative de thèmes tels que la performance et l’agentivité, la classe sociale et la collectivité, le langage et l’émotion, les pans d’histoire et les médias occultés et les formes quotidiennes de résistance.
Ugo Woatzi
L’eau brille aussi la nuit
2025, vidéo HD, 8:28’
« L’eau brille aussi la nuit » s’ouvre sur un prologue mythique. Ici, une communauté queer vivait en harmonie avec la nature et vénérait Alzou, divinité fluide de la rivière, jusqu’à ce qu’une violente attaque efface leurs lieux sacrés et leurs corps. Leur disparition se fait impulsion narrative plutôt que fin, dans la forêt qui absorbe et transforme, leurs présences persistent comme une promesse.
Sous les arbres, Alzou retrouve un ancien espace cérémoniel presque englouti, où le paysage lui-même semble avoir continué à porter la mémoire. Un rituel commence : iel dépose des fleurs, ingère
une potion, et ses gestes glissent progressivement vers la transe. La nuit devient un terrain de
passage entre club queer et mystères dionysiaques où les identités circulent et de nouveaux récits
émergent.
L’eau porte les murmures de la communauté dispersée, recomposant souvenirs et visions en un récit
spéculatif tourné vers l’à-venir. Peu à peu, le corps se liquéfie et se transforme, proposant une
manière d’habiter le monde comme une relation mouvante : une ouverture par laquelle peuvent
surgir de nouvelles formes de présence, de lien et de futurité.

Vagues désensibilisées, 2022-2024, Verre, béton avec vin, textile, 7 pièces, 60 x 25 x 15,8 cm, © Renaud Masson
Shervin/e Sheikh Rezaei
Vagues désensibilisées
2022-2024, verre, textile, dessins gravés sur verre, vin, 60 x 25 x 20 cm
Vagues désensibilisées se déploie comme un récit poétique sur la transformation de la nature sous l’influence humaine. Sept boîtes en verre, autrefois contenant une vague d’eau, gisent maintenant fragmentées au sol, la vague étouffée et durcie en béton. Chaque boîte, comme un récipient de souvenirs, porte les traces du mouvement de la vague — plus fluide mais fossilisée, prise entre le mouvement et l’immobilité. Là où le vin rouge scintillait autrefois, le béton a maintenant absorbé sa vitalité, ne laissant qu’un pâle écho de ce qui était autrefois vivant et fluide.
Sous les caisses repose un textile usé, autrefois exposé aux éléments dans un jardin, désormais durci par le temps passé à l’extérieur. Le tissu, autrefois doux, s’est durci avec le temps, marqué par des taches de terre et de vin renversé. L’humidité absorbée a séché, laissant le textile incrusté et rigide. Cette transformation fait écho au thème de la pièce, où les contours doux de la nature heurtent les forces inflexibles du monde mécanique.
Des références subtiles aux traditions artistiques du travail de la terre sont tissées dans la sculpture. Pourtant, au lieu de laisser la nature respirer librement, elle est ici piégée dans des contenants en verre — marqués par le temps et l’intervention humaine, figés et contraints. Le travail de Shervin/e évoque l’érosion lente du sentiment, où des éléments autrefois vivants deviennent des reliques, belles mais dépouillées de leur vitalité d’origine.