Amélie Scotta, née en 1983, à Nantes (France).

J’ai grandi dans ce qu’on appelle une ville-dortoir, puis vécu d’appartements en appartements dans les quartiers populaires de Strasbourg, Paris et Bruxelles. Pour le meilleur et pour le pire, mon regard a été nourri par l’urbain : le gris des trottoirs, l’exiguïté des espaces, la lumière du métro, mais aussi l’architecture et ses habitants dans toute leur diversité. Mes dernières séries parlent d’architecture et de folie. De la démesure des tours à l’incontrôlable prolifération des immeubles d’habitation, l’homme semble dépassé et soumis à cette machine énergivore qu’il a lui-même édifiée. C’est l’ambiguïté entre cette surface « séduisante » et sa troublante réalité qui m’intéresse. Je dessine de manière lente et répétitive, confrontant sans cesse l’aléatoire de la main à la perfection de la machine. J’aime le dessin par son caractère « pauvre ». Il nécessite peu de moyens et n’a aucune limite, si ce n’est celle du temps.

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