Etiennette Plantis née en 1986 en France. 

Je collectionne, c’est ma première pratique artistique.
Mon travail s’organise comme un décor factice, avec un ordre singulier et déhiérarchisé. Comme un système qui n’aurait plus de limite, donnant souvent une installation composite, une juxtaposition d’éléments, une multitude d’artefacts, des empilements au sol, au mur, des variétés de textures, de
tissus, des céramiques, de la peinture, de la moquette, une composition d’usages différents, où le fil conducteur de la collection virevolte, pour créer des oppositions irréconciliables, une atmosphère tortueuse et poétique à la fois.
La peinture, comme un moteur invariable, est alors pulvérisée, catapultée, périclitée, elle est soumise à des dissidences visuelles, mais répond malgré tout à un langage pictural traditionnel. Un vocabulaire hybride mène la danse vers un répertoire de formes, plein de liberté, de plaisir et de jouissance.
Le motif se construit de façon archaïque, une citation à l’histoire du collage. La partition des gestes isole des signes, et érige d’autres éléments de langage en principe plastique : un compromis entre parodie sérieuse et une ironie joyeuse. Ce sont des fictions d’assemblage, des formes réelles qui épousent des éléments fantasmés.

Empreinte d’une dissection de la couleur, d’une superposition de strates, d’un acharnement à faire correspondre des détails dans les textures, les matières et les factures. Les analyses de mes collections de paradis perdus, d’illusion collective, de déni généralisé, de conformisme exacerbé sont au cœur du travail. Questionner des espoirs inatteignables, des projections liées à des espaces curieux, à des matériaux sans espérance, créer un univers de résurgences, des objets de désir, des volontés mystérieuses, une contemplation désinvolte.

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